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Le Panthéon, monument parisien néo-classique situé dans le 5ème arrondissement de Paris, est le monument qui a vocation à honorer les grands personnages de l'histoire de France. 

Y sont notamment inhumés VoltaireJean-Jacques RousseauVictor HugoSadi CarnotÉmile ZolaJean JaurèsJean MoulinJean Monnet,Pierre et Marie CurieAndré Malraux ou encore Alexandre Dumas, qui y a fait son entrée en 2002Germaine TillionGeneviève de Gaulle-AnthoniozJean Zay et Pierre Brossolette sont les quatre derniers à y faire leur entrée le 27 Mai 2015.

Depuis plusieurs années, est demandé l'entrée au Panthéon de Olympe de Gouges. 

Mais qui est donc cette Olympe de Gouges, et pourquoi est ce que je lui consacre tout un post ? 

Elle est simplement LA féministe révolutionnaire, tant dans ses actes que dans l'époque. A qui je voue une admiration sans borne. Et qui selon moi (et selon des dizaines d'autres personnes hautement mieux placées que moi) mérite (et de loin), d'accéder à une  reconnaissance certaine en entrant dans le cite mythique qu'est le Panthéon. 

Marie Gouze est née le 7 Mai 1748. Enfance classique d'une fille de la très petite bourgeoise de l'époque, elle est mariée (et le terme prend là toute sa dimension) à l'âge de 17 ans à Louis-Yves Aubry de 30 ans son aîné, avec qui elle aura un fils unique. 

Marie (très souvent appelée Marie-Olympe) a pour passion l'écriture. Mais la loi française interdit à un auteur féminin (et le mot "auteure" n'existe pas encore)  de publier aucun de ses écrits sans l'autorisation de son époux. (Collette elle-même, plus tard,  dût écrire ses premières œuvres sous le pseudonyme de son mari). 

Marie-Olympe-de-Gouges

Marie-Olympe, rapidement devenue veuve, alors que très jeune, ne se remaria jamais ; conservant ainsi le pouvoir de la liberté de publication, puisque seules les veuves pouvaient se passer de l'autorisation suprême. 

Marie, ajouta une particule à son nom d'origine, supprimant par là même occasion son prénom, pour ne garder que celui de Olympe. Une fois veuve, elle monta sur Paris avec son fils à qui elle donna une éducation soignée, et ne garda que le nom de Olympe de Gouges pour écrire ses œuvres littéraires, qui devint très vite son seul patronyme. 

Les premiers écrits qui rendirent célèbre Olympe de Gouges, furent : "L'esclavage des noirs" qu'elle monta en pièce de théâtre en 1785, afin d'attirer  l'opinion publique sur le sort du peuple noir qu'on avilisse en en faisant des esclaves aux conditions atroces. 

Comme une grande partie des familles de la cour tiraient profit des denrées coloniales, pour s'enrichir, Mme De Gouges fut rapidement locataire de la bastille. Mais comme aussi, elle bénéficiait de certaines protections haut-placées à la cour ; elle ne tardât pas à retrouver la liberté une première fois. 

La révolution française, apporta à Olympe de Gouges des ouvertures toutes grandes à ses écrits, qu'elle pouvait enfin diffuser à tous. En 1788, elle publia ainsi par le biais du "Journal général de France" des brochures politiques où elle développait un vaste programme de réformes sociales et sociétales. Par ailleurs, elle adressa aux représentants des trois premières législatures de la révolution, les idées dont elle était porteuse. 

Elle démontrait que les femmes étaient capables d'assumer des tâches traditionnelles et que les études de certains métiers devaient être ouvertes aux femmes qui le souhaitaient. Que les femmes devaient être associées aux débats politiques tout autant qu'aux débats de société. Elle rédigea alors une "Déclaration des droits des femmes et de la citoyenne", calquée sur la déclaration des droits de l'homme, en ajoutant à tous les textes déjà en place l'égalité des deux sexes. 

Scandant que si les femmes ont le droit de monter à l'échafaud, elles doivent tout autant avoir le droit de monter à la tribune. Et c'est grâce à Olympe de Gouges, que les femmes ont eu le droit d'assister aux cérémonies officielles nationales. 

C'est aussi à elle que l'on doit le droit (seul droit conféré aux femmes à la révolution), de pouvoir demander le divorce sans aucun besoin d'accord de l'époux. 

Elle demanda aussi la suppression du mariage religieux obligatoire, demandant un acte civil signé par les concubins, prenant en charge aussi la reconnaissance des enfants adultérins. (Carrément une révolution de la condition féminine) 

Elle milita pour la recherche en paternité (oui.. oui ...) et la reconnaissance d'enfants nés hors mariage officiel. 

Avec un groupe avant-gardiste, elle fut une des première à théoriser sur un système de protection maternelle et infantile et demanda la création d'hôpitaux spécialisés dans  la maternité, afin que les mères et les enfants ne côtoient pas les malades ordinaires et souvent très contagieux des hôpitaux. Tout comme elle demanda aussi la création de foyers de mendiants ouverts sur la période d'hiver.

Et c'est ainsi que par la largesse de dons, le premier foyer d'accueil de SDF fut ouvert pour l'hiver 1788/1789. Et les hôpitaux de Paris virent une "aile" spécialisée au sein même de chaque hôpital, réservée uniquement aux naissances. 

Toutes ses idées sont écrites dans le dernier ouvrage qu'elle fit avant sa mort, "Une patriote persécutée".

Forte de ses convictions, Olympe de Gouges; en 1793,   s'en  prend  vertement et très officiellement, à Marat et  Robespierre, qu'elle accuse de vouloir mettre en place un pouvoir de dictature. Mais en Mars 1793,  est mise en application une loi sur la répression des écrits mettant en cause le principe républicain. Olympe est arrétée le 20 Juillet de cette même année. Et sera condamnée par le tribunal révolutionnaire. Un procès, bâclé, sans avocat pour la défendre. 

Elle monta sur l'échafaud le 2 Novembre 1793. Elle avait alors 45 ans. Le jour même de son exécution, sorti le texte qu'elle avait rédigé "une patriote persécutée" , et la diffusion clandestine sera plébiscité par le tout-Paris, qui la soutenait. 

Alors .. si quelqu'un mérite bien d'entrer au Panthéon ... n'est-ce pas Olympe de Couges ????