Nous entendons parler de bipolarité. Après des années de flou sur la question, un nom a été donné. "Bipolaire". Pour expliquer la douleur et le mal être de ces personnes atteintes de ce mal. 

maniaco-depressif

Pas facile d'être parent d'un enfant Bipolaire, lorsque personne ne sait encore  vraiment.  Tu le fais suivre parce que tu vois bien que quelque chose ne va pas, mais qu'au final, psychologues et psychiatres ne viennent même pas donner un nom à ce mal-être qui ronge ton enfant et te ronge aussi. Jusqu'au jour ou, après des années de suivi, d'hospitalisations, de tentatives de suicide, de douleurs pour ton enfant, et de soucis pour toi, parents ;  le mot Bipolaire est prononcé. Et qu'un traitement est enfin proposé. 

Il y aurait plus d'un million de personnes bipolaires en France. 

Une personne bipolaire, passe par des phases d'hyper exaltation, et tombe dans des phases de dépressions profondes. Elle a alors, des syndromes maniaco-dépressifs. 

Nous avons tous des variantes de Thymie. C'est la variante entre la position pessimiste de notre humeur et sa position optimiste. En général, celles-ci varient doucement de l'un vers l'autre pour constituer une sorte d'harmonie mentale nécessaire. 

Chez un maniaco-dépressif, la Thymie n'a pas de variation équilibrée. Le pessimisme, la négation, sont permanents et gèrent le mental de la personne. Même les plus jolies choses de son existence, sont amoindries. Rien ne réjouie vraiment. Rien n'est positif naturellement. Quoi qu'il arrive, il faut obligatoirement qu'une ombre négative plane. 

Un maniaco-dépressif passe de phases sans exaltation, à des phases de dépression extrème. Ajouté à cela, des périodes maniaques diverses. 

Très souvent, on pense que le mot bipolaire a remplacé le mot maniaco-dépressif. Mais une  personne maniaco-dépressive, n'est pas bipolaire. Et seulement 5% des personnes  bipolaires, ont des syndromes maniaco-dépressifs. 

Voilà pour les explications "médicales".  

Mais dans le concret, ça donne quoi de vivre avec une personne bipolaire ? 

Lorsqu'elle est en période d'excitation extrème, c'est épuisant. Lorsqu'elle est en phase descendants, donc de dépression, c'est angoissant. Et quelque soit la phase, il faut être vigilant à tout. Gérer le budget, parce qu'elle est capable de tout claquer en un jour. Gérer les comprimés et tout ce qui peut être dangereux, car elle est capable aussi du pire. 

Et dans le concret, ça donne quoi de vivre avec une personne maniaco-dépressifve ? 

Quoi que vous fassiez, il n'y aura jamais d'extase. Au contraire, le ressenti sera toujours tourné avec une négation dans tout. 

Quelque soit le plat servit, ce sera "ça va". Même si c'est une pur délice, jamais vous n'aurez "c'est délicieux", même pas un "c'est très bon". 

Quelque soit le cadeau offert, il n'y aura qu'un simple "merci" de politesse, sans expression de véritable contentement. Même si vous savez que c'est l'objet qu'il voulait vraiment. 

On va même au delà de tout ça. Un maniaco-dépressif, a tout de même des envies. Si celles-ci sont réalisées, il en arrivera à s'en dégouter rapidement, parce qu'il s'interdit la notion de plaisir, de bonheur et de bien-être. Ce sont des personnes qui ne font strictement rien de leurs journées et n'ont aucune passion. Des heures et des journées de rien, en dehors de la télévision. Il est tout de même heureux qu'un maniaco-dépressif aille travailler ! Mais dans ce cas, c'est avec une vision négative de ses journées, de son travail, de tout. 

Il vit continuellement dans une notion négative de sa vie, et surtout de lui-même. Et le pire c'est qu'il doit se conforter dans l'image négative permanente qu'il a de lui, en faisant tout pour rester dans cette image. Il écartera systématiquement toute solution à un problème afin de rester avec ce problème. Il en  créera de toute pièce,  en étant persuadé de la réalité de son problème ; un problème inexistant, sur lequel il va se focaliser des mois, voir des années. Et pris dans une période maniaque, il en fera une véritable obsession. 

Il faut bien comprendre qu'une personne maniaco-dépressive est très malheureuse. Vrai ou non, il en est  ainsi de  toute son existence et c'est ainsi  qu'elle la vivra. Rien, absolument rien ne lui apporte jamais de notion de bonheur. De temps en temps, une notion de plaisir, quand un évènement survient lors d'une phase sans dépression, mais sans pour autant d'exaltation. Jamais elle éclatera de rire. Tout juste un sourire montrera-t-il  un moment de plaisir. J'insiste : le plaisir ; pas de bonheur.

Toute sa vie ne tourne qu'autour de son mal-être. Une personne maniaco-dépressive  n'a aucune empathie pour personne d'autre, ni aucun amour réel. Tout juste appréciera-t-il quelques personnes, doucement, sans véritable sentiment d'amour. Puisque ce sont deux choses qui mènent à des sentiments positifs, elles ne peuvent faire parties de son fonctionnement. Rien ni personne ne l'intéresse vraiment. En rupture volontaire avec tous ;  avec sa famille, et sans ami, le malheur qu'elle s'est créé rempli toute son existence. 

Vous pouvez imaginer une personne continuellement dans un univers personnel sombre auquel elle ne trouve aucun intérêt, quoi qu'il s'y passe ? C'est aussi une pathologie très difficile à vivre, pour la personne et pour son entourage, qui d'ailleurs, préfère baisser le bras tellement c'est épuisant.  

Au sein de ma vie, il y a deux personnes qui me sont chères. Une  bipolaire, et un  maniaco-dépressif. Ces deux là s'adorent parce qu'is se comprennent forcement. Et moi, je les aime tous les deux. Mais ce n'est pas tojours facile à suivre. Même après tant d'années, et même avec tout l'amour que je leur porte.