Je ne fume pas.

Pendant quelques temps, il y a bien longtemps ... je "crapotais" ; histoire de faire comme les copines ; pour me "donner un genre" (comme disait ma mère, et elle avait raison) parce que je n'arrivais pas à avaler la fumée. C'était douloureux dans ma gorge et ça me faisait tousser ! Donc je me contentais d'aspirer et de rejeter aussitôt ce qui au final n'est donc jamais passé par mes poumons. J'ai même fumé la pipe … simplement parce que j'aimais l'odeur du St Claude aromatisé. J'ai vite compris qu'il ne me servait à rien de poursuivre dans cette voie. Et maintenant que le paquet de cigarette est à 8€, je ne regrette rien. 

Je ne bois pas d'alcool. 

Là aussi, ça me brûle la gorge, et je n'aime pas le goût. Je me suis prise tout de même quelques "bitures" ; au vin nouveau d'Anjou ; le "Bourru" comme on l'appelle chez nous. 

J'apprécie de donner du goût à mes glaçons avec quelques petits digestifs tels : La Marie Brizard ou encore le Bailleys café. 1/2 volume d'alcool pour 5 volumes de glaçons .... Oui, je sais ... ça peut faire sourire, mais mon alcoolisation ne dépasse pas ce niveau. 

 

baylleys

 

Sauf que j'ai un péché mignon : Les chardons à la liqueur, et les Mon chéri. Alors là .... c'est sans limite ! Et après 3 bouchées de ces nectars, c'est tout juste si je ne dois pas aller me coucher ! 

Donc, non seulement je n'aime pas l'alcool, mais c'est aussi que je ne le supporte pas. 

J'ai un organisme qui ne supporte pas grand chose au final. 

Pareil pour les médicaments. Sortie du paracétamol, le reste est très difficilement assimilé par mon organisme, qui prend plaisir à me faire tous les effets secondaires possibles et imaginables. 

En temps normal, je fais avec, mais là, avec mon opération du genou, ça a été folklorique ! 

Le lendemain de l'intervention, on m'a mis sous morphine. Je n'ai pas vu d'éléphants roses (faut pas pousser non plus). Cependant, j'ai été très surprise que chacun de mes mouvements se fassent au ralenti, lorsque j'arrivais à sortir du sommeil profond dans lequel ça m'a plongé toute une journée. Entrecoupés de vomissements abominables, mon cerveau pensais (plus ou moins) à des mots, que ma bouche n'arrivait même pas à prononcer. La question importante était : Avais-je encore ma langue dans ma bouche ? 

Et le plus surprenant était le personnel de la clinique qui venait s'occuper de moi. Elles étaient superbes les soignantes. Il y avait bien tout : la bouche, le nez, les oreilles, les yeux .... mais rien n'était à la bonne place. Elles étaient tout simplement semblables aux tableaux de Picasso ! 

 

picasso

 

Quand au milieu de mes bafouillages, trempée de sueurs froides et de gestes ralentis et dissociés, j'ai pu leur dire ce que je voyais, le médecin est aussitôt venu, et la morphine fut immédiatement arrêtée. Il m'a fallu tout de même plus de 24h pour que je retrouve mes esprits ... et malheureusement ma douleur. Parce que au final, je n'avais plus mal du tout en étant sous morphine ! 

Donc s'en est suivit des essais sur d'autres anti-douleurs ; Codéïne ... que mon organisme a aussi rejeté avec ferveur. 

Puis après plus de deux mois d'essais en tous genres, qui n'ont pas été concluants, et de douleurs persistantes, me voici sous Opium ! 

Le soir (pour plus de sécurité) afin de passer de meilleures nuits. 

Et cette fois ci, impec ! Pas d'effets secondaires, pas de douleurs à l'estomac, et enfin des nuits un peu plus agréables.

Au lieu de me réveiller 5 à 6 fois sous l'effet de la douleur, je ne me réveille plus que 3 fois. C'est carrément le bonheur ! Et à la place d'une douleur au niveau 8, elle passe au niveau 5. C'est l'Amérique, je vous l'dis !

Bon … les nuits c'est donc résolu ! Yesss !!! Si bien que j'arrive à mieux supporter les douleurs dans la journée.

Elle est pas belle la vie ? Quand je pense que certains sont prèts à tout pour  avoir de la drogue ; moi on m'en propose à fusion, et c'est compliqué pour que j'en prenne .... Et maintenant, je sais d'où vient l'ispiration de Picasso ....