Venir dire, et dénoncer des actes ou des faits dont vous êtes la victime, est quelque chose de très important.

Dans les associations d'aide aux victimes ; il est même conseillé d'écrire, si on le peut. Cela fait partie d'un processus thérapeutique. Lorsque vous êtes victime d'un acte préjudiciable, quel qu'il soit ; pouvoir extérioriser les faits, est très important. Certaines personnes, victimes de maltraitance, de violences conjugales, de harcèlement au travail ; en écrivent même des livres. Réalisent des interviews sur le sujet, et apportent leur témoignage.

Parce qu'il faut se reconstruire. Et qu'une partie de cette reconstruction personnelle passe par le fait de pouvoir dénoncer les faits, et de les extérioriser de soi.

 

liberté d'expression

L'article 10 de la convention européenne des droits de l'homme (CEDH) réaffirme la liberté d'expression, en disposant que « Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées, sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière.

En outre, en droit français, la liberté d'expression est formulée aux termes de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen datant de 1789.

En 1994, le conseil constitutionnel précise que la liberté d'expression est même un droit fondamental. Quelle que soit la forme utilisée. Orale, écrite (livre, blog, site internet et réseaux sociaux), audiovisuelle, culturelle, artistique … etc.

Mais, la liberté d'expression n'est pas absolue. Il existe des limites. (définies aussi par la CEDH).

• L'intérêt public : sécurité nationale, intégrité territoriale, sûreté publique, défense de l'ordre et prévention du crime, protection de la santé, protection de la morale.

• Protection de la réputation ou des droits d'autrui, protection du droit à l'image, protection d'informations confidentielles.

• Devoir de réserve des agents publics, qui doivent faire preuve de neutralité, sur le service public.

• Protection des personnes et droit de la personnalité : la diffamation*, l'injure, l'atteinte à la vie privée, la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence ; l'apologie des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité, des crimes de réduction en esclavage ou d'exploitation de personnes ; de crimes et délits de collaboration avec l'ennemi ; la négation, la minoration ou la banalisation de ces crimes.

Il existe cependant la possibilité, aux victimes, de pouvoir raconter leur propre histoire, même en dénonçant une personne précise, sans la nommer ; dès lors que ça a fait l'objet d'un article autre que le leur. (Compte-rendu, rapport, article de presse dénonçant les faits. Etc.) Et qu'elles peuvent apporter la preuve de ce qu'elles dénoncent.

Heureusement que lorsqu'on est maltraité par son conjoint, on peut venir le raconter lors d'un documentaire ! Heureusement que lorsqu'on se fait harceler, on peut venir le dire sur son blog  ! Heureusement que lorsqu'on se fait violer par son voisin, on peut venir le dénoncer dans un article de presse !

Et heureusement que la liberté d'expression protège les victimes, des agresseurs qui voudraient se retourner contre celles qui dénoncent la situation qu'elles ont subies ! Car n'oublions pas que le bourreau cherche tout le temps à faire taire sa victime ! 

*La diffamation (dont les agresseurs menacent souvent leurs victimes de poursuites en cas de divulgation des faits) c'est une allégation ou l'imputation d'un fait qui porte atteinte à l'honneur et à la considération d'une personne.  Elle relève d'une procédure spécifique permettant tout de même, de protéger la liberté d'expression. Ainsi, une  victime,  ayant rapporté, sur un support quelconque, des faits qui s'avèrent prouvés par des rapports ou des  preuves matériels, ne pourra être poursuivi pour diffamation, par l'auteur des faits. Si l'agresseur porte plainte pour diffamation, la plainte sera purement et simplement déboutée. Cependant, ce dépôt de plainte pourra être utilisé en document à charge par la victime, contre son agresseur.