histoire

Le temps fait dévier certaines choses, au point qu'elles en finissent transformées. Si bien que les jeunes, n'en connaissent pas l'origine et croient dur comme fer que la version qu'ils en ont, est la seule existante. Au point aussi, qu'à force de cette version récente, même des moins jeunes en oublient l'origine. Des mots qui ont complètement changé au fil du temps, pour arriver jusqu'à nous aujourd'hui, avec une toute autre signification. 

 

♦ Les Hospices :

Les hospices étaient tous religieux. Crées afin de recevoir les chrétiens pèlerins et leur offrir l'hospitalité. Gîte et repas. Dans la simplicité religieuse absolue. Les premiers hospices datent du moyen âge. Entre 357 et 377.

Petit à petit, l'accueil s'élargit aux pauvres, qui ne sont pas que de passage. Aux malades.

Les hospices débordent ! L'église catholique créée donc les « Hôtel-Dieu » ; des hôpitaux réservés aux personnes malades. Les hospices redeviennent un centre d'accueil des pèlerines, mais s'ouvre aussi, de plus en plus, vers l'accueil des pauvres et de vieillards.

Dans toutes ces époques où la retraite n'existe pas, où, si tes enfants ne te prennent pas en charge, tu n'as aucun endroit où aller lorsque tu es vieux ; l'hospice devient au fil du temps, un lieu de fin de vie. Un mouroir. Les conditions d'hygiène et de vie y sont particulièrement précaires, les hospices ne fonctionnant que sur les dons de l'église et des bonnes œuvres.

La lèpre, faisant des ravages, des dizaines de « Léproseries » sont aussi créées, afin d'enrayer cette maladie particulièrement contagieuse, et séparer les malades du reste du peuple où ils mourraient dans des conditions abominables ; uniquement aux bons soins de religieuses dévouées à leur cause.

(Pour mémoire aussi ; dans les années 90, JM Le Pen, avait mis en avant la création de centres SIDAÏQUES, pour faire de même avec les personnes atteinte du VIH)

Progressivement, la notion d'assistance et d'aide aux plus démunis, devient une action phare, pour un état qui veut absolument se différentier de l'église. En 1905, lors de la séparation de l'église avec l'état, est votée une loi rendant obligatoire aux vieillards. L'état français doit donc se substituer à la charité chrétienne. Arrive alors « l'âge d'or » des hospices, avec la mise en place de lavabo, de douches et l'arrivée de l'électricité. Et les hospices deviennent « hospice de vieux ». Seulement, en raison des moyens limités et des capacités restreintes d'accueil, les hospices de vieux sont des lieux où personne ne veut aller, et qui pourtant sont surpeuplés de vieillards à la charge de l'état !

Exit, l'hospitalité des premiers temps … Et maintenant, si on demande à quelqu'un ce qu'est un hospice, les plus jeunes qui ne connaissent que les maisons de retraite ou EHPAD, ne savent même pas répondre ; et les septuagénaires ne font le rapprochement qu'avec les hospices de vieux …

 

♦ SDF :

Chacun sait que SDF signifie « sans domicile fixe ». Aujourd'hui, et depuis plus de 20 ans, le SDF, c'est l'appellation moderne donnée aux « clochard » . « clochards », qui était le mot populaire pour parler des « sans abris » ; nom officiel des personnes ne disposant pas de domicile, dormant dans les caves, les parkings, le métro …

Aujourd'hui, le SDF, est associé à l'alcoolisme, le manque d'hygiène, la précarité dans sa totalité.

Mais savez-vous qu'il n'y a pas si longtemps, dans les années 70, le SDF n'était absolument pas un « sans abris », un « clochard ».

Un SDF était une personne qui travaillait, et en raison de son activité n'avait pas de domicile fixe, où rentrer chaque soir. Il était « en déplacement » continuellement. Les représentants du commerce, les chauffeurs routiers TIR, les salariés intérimaires …

Selon les conventions collectives, il existait une prime SDF, appelée ensuite prime de découchage ».

Avec la substitution de l'appellation de « sans abris » à « SDF » . Imaginez un peu sur un bulletin de salaire voir « prime SDF » !

Donc, le nom qui a été donné pendant des année à une activité professionnelle avec la particularité de ne pas rentrer chez soi, chaque soir, a été changé en raison de déformation populaire, d'une situation n'ayant aucun rapport avec le nom initial.

 

♦ CASSOS ;

L'aide sociale légale. existe depuis la création de la protection sociale. L'aide sociale a pour but de répondre aux besoins primordiaux des personnes. L'action sociale, englobe non seulement l'aide sociale, mais également les actions engagées pour sortir les personnes concernées de situation difficile.

Les personnes ayant recours à l'action sociale, sont des « cas sociaux ». Sans aucune connotation péjorative.

Dans les années 65, arrive « beauf » ; personnage caricatural inventé par Cabu, représentant un français moyen, vulgaire et inculte. Dans les années 70, « beauf » est une appellation commune ; La population s'étant charger d'en faire un nom à part entière.

L'action sociale, voit passer bon nombre de personnes, dans un besoin ponctuel, lié à une situation d'urgence ; mais aussi son lot de « beaufs » qui revient sans cesse vers les services sociaux.

Dans les années 80, « beauf » glisse doucement pour décrire un beau-frère, français moyen et inculte et souvent frimeur (nom donnée d'ailleurs par les « beaufs » d'origine, lorsqu'ils parlent eux-même de leur beau-frère!) et qui sera largement développé par la chanson de Renaud, en 1981.

Le terme « beauf » a donc une nouvelle signification. Pour que depuis, chacun parle de son « beauf » qu'il soit ou non « KéKé » (frimeur)

La CASSOS, est sorti dans les années 2000. N'ayant rien à voir avec les « cas sociaux » ordinaires ; mais étant l'appellation péjoratives d'un type précis de personnes.

Le CASSOS, c'est ni plus ni moins, le « beauf » (à l'origine du nom) qui aura continuellement recours aux services sociaux, et à toutes les aides sociales possibles ; car il se retrouve en permanence dans des situations de galère, de son fait. Continuellement victime de « pas de chance ».

Le mot Cassos, en fait oublier que tous les cas sociaux, ne sont pas des « cassos » , bien que tous les Cassos soient des cas sociaux. Et que les « beaufs » ne sont pas forcement des cas sociaux ; mais que chaque Cassos, est forcement le beauf de quelqu'un ….