histoire

 

 

MARIE MARVINGT 

 

 

Il y a des femmes au destin extraordinaire. 

C'est la cas de Marie Marvingt. (1875/1963). Cette française pionnière de l'aviation, inventrice, sportive, journaliste, héroïne de guerre ; sera surnommée "la fiancée du danger". 

Marie nait dans une famille classique, et est la 4ème d'une fratrie de cinq enfants. Ces trois frères aînés meurent jeunes, et le dernier a une santé fragile ; si bien que son père Félix-Constant, prend à cœur de s'occuper assidûment de sa fille Marie. Particulièrement sportif, le papa initie sa fille à toutes ses passions. A quatre ans, elle nage déjà quotidiennement, plusieurs kilomètres dans la rivière. 

Elle apprend, sans concession, toutes les disciplines sportives que son père lui enseigne avec passion. L'escalade, le billard, le vélo. 

En 1880 (5ans), le famille s'installe en Lorraine, et sa scolarité est tout aussi importante que le sport. Aussi Marie parle-t-elle couramment l'Allemand et le français à 5 ans. Au final de ses études, elle parlera couramment 7 langues. Obtiendra une licence de lettres, ainsi que son diplôme d'infirmière de la croix rouge. 

Lors d'une sortie scolaire, elle découvre le cirque. Elle supplie son père d'accepter qu'elle puisse rejoindre un cirque afin d'y apprendre tout ce qu'elle a vu, et la passionne. Il accepte, et Marie suit donc des formations de funambule, jongleuse, équilibriste, trapéziste, et cavalière ; au cirque de Rancy. Elle devient une gymnaste accomplie. 

En 1889 (14 ans), après le décès de sa mère, Marie se met au Vélo. Son père devient alors un véritable entraîneur. Les tenues vestimentaires de l'époque, pour les femmes, ne sont absolument pas appropriées. Marie créé un style de vêtements qui va lui facilité la réalisation des sports. La jupe culotte, qu'elle coud elle-même. 

A l'âge de quinze ans, elle réalise un premier exploit : rallier Nancy à Coblence (Allemagne) soit 720 km, en Canoë. 

En 1897 (22 ans),  son frère Eugène, meure. Marie se retourne encore plus vers l'entraînement et la compétition. Il lui faut des démarches et des dérogations, afin qu'elle puisse participer à des épreuves uniquement réservées aux hommes.

Elle va briller aux premiers rangs de divers sports habituellement réservés aux hommes : Natation, escrime, cyclisme, alpinisme, atlétisme,..

 

marie-marvingt-sport

 

 

En 1899 (24 ans), elle est parmi les premières femmes à obtenir un certificat de capacité à conduire une automoblie. Plus tard, elle participera à  deux courses dans le Sahara.  

En 1904 (29 ans), elle participe à la course de vélo Nancy-Bordeaux ; en 1905 (30 ans) : Nancy-Milan ; puis l'année suivant Nancy-Toulouse. (En 1908, elle pose sa candidature, pour participer au Tour-de-France. Devant le refus, elle part néanmoins, seulement quelques minutes après le départ officiel. Sur les 114 compétiteurs, 36 seulement finiront le parcours. Tout comme Marie !)

En 1905 (30 ans), elle réalise l'ascension, avec deux guides ;  de l'Aiguille du Grepon, ainsi que l'Aiguille des grands Charmoz,  en seulement 18h. 

En 1906 (31 ans), elle est la première française à accomplir la traversée de Paris à la nage (12 km).   

Entre 1908 et 1910, elle remporte plus de vingt médailles d'or sur les disciplines suivantes :  en ski, patinage artistique et patinage de vitesse, au concours de sauts. Et elle est la première femme à remporter la compétition de bobsleigh. 

Cette même année, pour la seule et unique fois, l'accadémie des sports décerne une titre "toute discipline" pour Marie Marvingt. 

La passion démesurée de Marie pour le sport, pourrait s'arrêter là. Mais ce n'est pas qu'en sport que Marie va rester la femme la plus titrée. 

Elle va aussi être la doyenne des aviatrices ! 

 

Marie_marvingt

 

En 1901 (26 ans), elle effectue un vol en ballon. En toute logique, en 1907 ((31 ans), elle obtient son diplôme de pilote de ballon libre. En 1909 (33 ans) , elle est la première femme à traverser la manche. Non sans divers périples. 

Le même année, c'est tout à fait naturellement que Marie commence à piloter un aéroplane. Un an plus tard, elle pilote seule un monoplan "Antoinette". Et devient la troisième femme à obtenir son brevet de pilote d'avion. 

En 1910 (34 ans), avec l'ingénieur Louis Béchereau, ils participent à un concours pour la réalisation d'un avion-ambulance. Le projet n'aboutira pas en raison du détournement de fonds du PDG qui devait réaliser les prototypes ; et Marie et Louis perdront toutes les économies engagées. En 1912 (36 ans), Marie a l'idée de proposer ce projet à la direction de l'aéronoautique militaire, et obtient l'approbation de la réalisation de ce type d'avion, si elle réussi à collecter les fonds nécessaires. Elle part alors dans toute la France et récolte 21 000 francs, sur les 36 000 francs nécessaires à la construction d'un avion-ambulance. Mais malheureusement, le projet ne sera pas réalisé avant la première guerre mondiale. 

Au cour de la première guerre mondiale (40 ans), Marie tient à s'engager dans l'aviation française, mais l'armée française ne lui donne aucune réponse. Par le plus grand des hasard, elle se trouve à remplacer au pied levé, un pilote blessé, et participera ainsi à deux bombardements. Pour lesquels elle obtiendra la croix de guerre. 

Après cet exploit, l'armée lui signifie son refus à la voir entrer comme pilote, mais lui propose de servir comme infirmière major. Elle passera plus de deux années à assister un chirurgien des armées à Nancy.  Mais un matin, elle décide d'intégrer le front. Elle se déguise en homme, et intègre sous le nom de Beaulieu, le 42ème bataillon des chasseurs à pieds.

 

marie-marvingt-soldat

 

47 jours après être sur le front, elle est démasquée. Cet exploit touche le Maréchal Foch, qui l'autorisera à rejoindre le 3ème régiment du  corps des chasseurs alpin, comme infirmière et correspondante de guerre. 

Après la guerre, elle poursuit son travail de journaliste tout en étant officier de santé des armées. En 1920 (45 ans) elle devient déléguée de l'aéronautique de France. Elle voyage principalement en Afrique où elle donne des conférences, et a aussi pour mission de vendre les avions français. Car entre temps, l'avion-sanitaire s'est bien développé. 

Il a été estimé que Marie a donné plus de 3000 conférences sur l'aviation-sanitaire, et à contribué de façon certaine à son développement. En 1934, elle écrit, réalise et tourne un film, dans lequel elle apparaît "les ailes qui sauvent". 

Pendant le seconde guerre mondiale, elle est autorisée à exercer comme infirmière de l'air. Elle invente alors un type de suture chirurgicale qui permet de recoudre plus rapidement les blessures sur le champ de bataille.  

N'ayant pas travaillé, le journalisme était payé "au papier" et comme l'armée ne l'a jamais officiellement reconnu comme engagée, elle ne touche aucune pension. 

Elle fini sa vie dans un hospice de Laxou, en 1963 (88 ans) ; dans un quasi anonymat, et d'une pauvreté effarante. 

 

marie-marvingt-2

 

Marie Marvingt reste à ce jour, la femme la plus décorée de France. Avec 34 médailles et décorations sportives ; 12 décorations nationales et militaires ; et elle n'aura pas moins de 17 records en tant que pilote. 

Non sans avoir obtenu, en 1959 (84 ans), son brevet de pilote d'hélicoptère ; et avoir réalisé le Nancy-Paris à vélo, pédalant 10h par jour ; alors qu'elle est âgée de 86 ans. 

 

marie-marvingt-4