Il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à toi. Mais je m'oblige à ne pas vouloir en faire de cas.

C'est terrible cette attitude, qui m'énerve au plus haut point. Le manque est si grand, le vide si profond qu'il ressemble à un puit qui n'en fini pas.

Je suis agacée, énervée, désespérée … et j'ai aussi tellement de colère, que je préfère enfouir tous ces sentiments plutôt que de vivre avec. Ils font un tout en permanence et c'est là que tout est difficile.

Tant qu'il n'y avait que le désespoir, ça coulait de source. Et je dirais même que c'était « normal ». Mais vivre avec ce manque permanent est vraiment trop dur. Alors comme toutes les grandes douleurs, il vaut mieux les dévier vers tout autre chose. Parce qu'il est tout simplement impossible de vivre avec une douleur omniprésente à l'âme, que rien ne soulage jamais.

Il n'y a plus de question, plus de « pourquoi », et encore moins de « comment ». En même temps il n'y aura jamais de réponse à y apporter, aussi pas la peine que je perde mon temps à m'interroger.

Par la force des choses, je suis devenue fataliste. Sans doute même défaitiste. A tel point que toutes les petites et grandes choses de la vie qui devraient m 'énerver, ne m'atteignent quasiment plus.

C'est fou les répercussions que peuvent avoir sur moi, ce qui sera à jamais la douleur de mon existence.

En même temps, ce que je qualifie de « douleur de mon existence » est juste une douleur de plus à ajouter au panier déjà bien plein. 

Quelque part, c'est comme un accouchement …. c'est chaque fois douloureux, mais il faut reconnaître que le plus pénible reste le premier. Simplement parce qu'on n'avait absolument pas idée de ce qui nous attendait. Les autres ensuite, ne sont pas moins douloureux, mais ils ont quelque chose de déjà vécu, donc, sont différents. Sans pour autant être moins intenses.

Perdre mon deuxième enfant aura été ma première grande douleur, celle là même que j'aurais aimé ne jamais avoir ; effaçant toutes les autres. Toutes celles d'avant  … 

Et, il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à toi. Bien que je m'oblige à ne pas vouloir en faire de cas.  

berenice-multi

 

Mais être heureux ce n'est pas avoir une vie parfaite, c'est seulement reconnaître que la vie mérite d'être vécue malgré toutes les difficultés. Alors, je dois dire que je suis heureuse avec un grand vide qui sera éternel et présent jusqu'au bout de cette vie "heureuse".